Ma petite sœur vient de m'appeler en alerte, un virus a infecté son ordinateur, ce qui rend son utilisation quasi-impossible. Quoi? un virus? mais alors elle utilise Windows®? et bien oui! Non pas par gout car il faut aimer les matières fécales se faire du mal pour utiliser ce système d'exploitation (voir L'informatique précaire) mais par obligation.
En clair elle fait des études dans le graphisme/multimédia...et magie, oh magie, les élèves sont formés à utiliser des logiciels qu'ils ne peuvent pas acquérir. Ici on parle de la suite Adobe® avec ses "splendeurs" logicielles que sont Photoshop®, Illustrator® et j'en passe. Dans ces formations se sont même (la plupart du temps) les enseignants qui fournissent les élèves en came labellisée par les plus grands éditeurs.
Là on se dit, il va rebondir sur les logiciels libres et bien non, même pas. D'autres me diront qu'avec Mac OS X ce problème de virus n'existerait pas, pourquoi pas, c'est d'ailleurs cette alternative que ma sœur testera prochainement arrivant aux limites de son ordinateur actuel (alternative que tout le monde ne peut pas se permettre et qui soulève d'autres questions...).
Quand bien même il n'existerait pas Gimp, Inkscape ou Mac OS X je trouve cet état de fait intolérable. Sous prétexte que ces logiciels sont incontournables on vous rend captif de leurs éditeurs/formats/versions dès vos études, dans le but que lorsque ce sera votre gagne-pain, vous ou l'entreprise qui vous emploie passe à la caisse.
Et le virus dans tout ça? il sort, à priori, d'un crack d'une de ces merveilleuses applications. C'est aussi ça la précarité dans l'informatique, devoir faire confiance à son cracker dealer sur la qualité de la came.
Car c'est bien de ça qu'il est question, la confiance. Comment peut-on dans notre monde toujours davantage numérique faire aveuglément confiance à des multinationales (avec pour but premier le profit) pour gérer notre propre vie numérique? Heureux sont les naïfs (ou e-gnares) aux yeux de qui je dois passer pour un paranoïaque.

Commentaires
bien que fervent défenseur du "libre", je sais de moins en moins répondre à ce genre de constat...
déjà, on va éviter le piège du troll "Gimp est il moins bien que Photoshop"...
qu'on ne s'y méprenne pas : je suis autant choqué que toi par les stratégies "rentre-dedans" des majors qui imposent leurs logiciels à grand coup de distributions gratuites de licences dans les universités... mais même en laissant un libre arbitre complet aux enseignants, les choses seraient elles radicalement différentes ?
moi je suis plus dans le domaine du développement logiciel, et, dès lors qu'on parle de développement pour Windows, on est obligé ou presque d'utiliser Visual Studio/.Net/C#... bref, la panoplie "full Microsoft". pourquoi ? parce que tous les autres acteurs ont fini par renoncer, libre ou propriétaire. Trouvez un développeur Delphi aujourd'hui, par exemple ! (je ne parle même pas de développeurs QT/Windows...) du coup, même dans les universités les plus "pro-libres" ou "anti-MS", on enseigne .Net aujourd'hui. Ne pas le faire serait priver les étudiants de trop nombreuses opportunités d'emploi...
Après, avec ma "casquette" employeur, je suis le premier à lancer des choix technologiques incluant des solutions libres ou moins castratrices que ces "boites noires". j'ai même créé une entreprise basée sur un produit 100% GPL. mais même avec la meilleure volonté du monde, ces solutions "ultra-leader" sont souvent incontournable...
Je ne sais pas ce qui se passerait si un éditeur alternatif proposait une solution vraiment crédible par rapport à toute la "suite" de chez Adobe... J'aimerais croire que cela permettrait de retourner les choses (Dieu sait que je serais le premier à ouvrir le champagne si le Net était débarassé de Flash dans le "quotidien" des pages web !), mais je n'en suis même pas sûr : l'excellence technique n'a pas toujours, loin de là, permis à une solution de s'imposer...
jdo@jdo : Je partage malheureusement ton avis, la situation n'est pas prête de changer mais cela ne doit pas empêcher la prise de conscience, notamment des principaux intéressés.
Concernant Flash, je pense que l'HTML 5 peut lui faire perdre du terrain, enfin j'espère car c'est tout le contraire du web ouvert et ça soulève bien des questions, notamment sur la sécurité et la vie privée.
Frédéric Reynier